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La Tunisie a la chance de réunir trois grands domaines naturels qui peuvent être à la base d’un tourisme écologique, comprenant un grand nombre de milieux et de paysages très riches quant à leur biodiversité et l’intérêt écologique et récréatif qu’ils représentent :

  • Le domaine atlasique, continental et montagneux auquel on rattachera le domaine forestier de la zone littorale du Nord-Ouest avec ses espèces arbustives et végétales, sa faune spécifique dont certaines espèces rares, ses habitats, ses refuges, ses niches écologiques. La forêt du Nord-ouest de la Tunisie est l’une des dernières grandes forêts littorales.
  • Le domaine saharien formé par une partie du Grand Erg Oriental et les grandes Oasis.
  • Le domaine des plaines orientales et littorales avec de nombreuses zones parti-culièrement riches sur le plan biologique : dans les lagunes, les sebkhas, les marais maritimes, les espaces insulaires et les oasis maritimes à l’instar de celles de Gabès.

La sauvegarde du patrimoine naturel national mais aussi l’intérêt économique à long terme bien compris (maintien du potentiel de la ressource) exigent que la politique d’aménagement touristique implique une stratégie de conservation de la biodiversité.


TOURISME ECOLOGIQUE ET LITTORAL : UN NOUVEAU PRODUIT BALNEAIRE
Le mono-produit touristique et la publicité qui va avec, ont contribué à diffuser une image stéréotypée du littoral tunisien réduit à ses fonctions balnéaires ; or, le parcours du littoral tunisien montre au contraire une grande diversité et une différenciation de ses côtes, notamment entre la façade Nord et la façade orientale.
La façade Nord, qui va de l’Algérie jusqu’à la pointe Nord-Est de la péninsule du Cap Bon, se caractérise par des conditions naturelles souvent difficiles, mais elle montre des paysages naturels des plus pittoresques et d’une beauté parfois exceptionnelle. La côte est encadrée par des reliefs relativement importants et accidentés et par une mer souvent profonde et agitée, en raison d’une exposition aux vents de secteur Nord.
La façade orientale est au contraire encadrée par une topographie faible et une mer peu profonde, bien abritée des vents, aux eaux peu agitées. Le tracé de la côte, structuré autour des deux grands golfes d’Hammamet et de Gabès, comprend un certain nombre de caps (Cap d’Afrique, Ras Kaboudia...), de presqu’îles (Jorf, Zarzis), de baies, de criques (Monastir, Bou Grara), mais il est nettement moins découpé que celui de la côte Nord avec une morphologie bien aérée dans l’ensemble.


TOURISME ECOLOGIQUE ET BIODIVERSITE : UN PRODUIT DE DECOUVERTE

  • 115 familles, 742 genres, 5 500 espèces et sous-espèces sont présents sur le territoire tunisien et donnent une mosaïque paysagère très diversifiée allant des forêts et prairies humides du Nord aux steppes halophiles des chotts et aux pseudo-sylves sahariennes de l’Erg. 34 taxons sont endémiques avec plusieurs espèces essentielles pour la biodiversité. La faune terrestre comporte plusieurs grands mammifères et oiseaux et des espèces cynégétiques. En Tunisie orientale, littorale, l’avifaune est favorisée par les nombreux sites humides qui accueillent les oiseaux migrateurs d’Asie et d’Europe.
  • La fréquence des enclaves endoréïques et semi-endoréïques en Tunisie orientale et littorale d’une part, et leur répartition en latitude à travers les différents domaines bio-climatiques d’autre part, donne une grande variété de zones humides pour les milieux aquatiques tunisiens. Ces zones humides servent de lieux de passage, d’hivernage ou de nidification pour plusieurs espèces d’oiseaux venant d’Europe et d’Asie par centaines de milliers.

 

TOURISME ECOLOGIQUE ET PATRIMOINE HISTORIQUE
La pratique archéologique est souvent le parent pauvre des politiques de protection, à plus forte raison lorsqu’elle doit s’appliquer au sein d’espaces naturels dans une politique globale logiquement dominée par la préoccupation environnementale.
Or, l’exemple tunisien montre avec évidence que ce patrimoine légué par l’histoire constitue un point fort d’une politique d’aménagement intégré, il constitue par ailleurs une base irremplaçable d’un autre type de développement touristique.
Du fait de sa position au sein de la Méditerranée, la Tunisie, au carrefour des civilisations, ne peut qu’avoir une grande richesse quant aux vestiges de son histoire. Si on se limite au littoral, les richesses sont les suivantes :

  • le paléolithique ancien dans la région de Bir Bou Regba bordant la partie Nord du Golfe d’Hammamet, les environs de Tazarka et de Korba,
  • le paléolithique moyen et supérieur dans le site de Oued El Akarit appartenant à la côte du Golfe de Gabès, la péninsule du Cap Bon, entre Bizerte et Tabarka,
  • les civilisations épipaléolithiques (transition entre le paléo et le néolithique), no-tamment la civilisation essentiellement littorale de l’ibéromaurusien sur la côte Nord à l’Ouest de Bizerte,
  • le néolithique toujours sur la côte Nord, le Cap Bon, autour des lagunes et sebkhas littorales près de Hergla, Mahrès, Zarzis, dans les îles Zembra, les Kuriates,
  • l’antiquité : plus de 200 sites antiques localisés au bord de la mer où des lagunes littorales ont pu être identifiées, en majorité sur la côte orientale.

 

CONCLUSION
La diversité biologique, les forêts, le désert, les plages et l’eau constituent un patrimoine exceptionnel en Tunisie : ils constituent de fait une spécificité des territoires et leur qualité est un élément d’attractivité certaine.
La protection et la gestion de ce patrimoine nécessitent une attention particulière de l’ensemble des partenaires dans le tourisme. Les orientations suivantes apparaissent devoir être retenues :

  1. améliorer la connaissance de ce patrimoine et de son fonctionnement et préserver une capacité d’expertise susceptible de prendre en compte les spécificités des zones où le tourisme écologique va se développer ,
  2. développer le réseau d’espaces naturels protégés et gérés (parcs nationaux, parcs naturels régionaux, réserves naturelles) ,
  3. introduire à un degré réellement plus élevé des critères liés à l’espace et à sa protection dans la répartition ou l’octroi d’aides de l’Etat ,
  4. encourager dans les politiques sectorielles les pratiques respectueuses de l’envi-ronnement permettant notamment de préserver les zones humides les prairies et les forêts.